G.R.O.S (SE)

J’ai quelques peu hésité avant de publier ce billet. Peut être car il relève de l’intime. Vous allez sûrement vous dire que je partage déjà énormément avec vous. C’est vrai. Mais il y a des sujets pour lesquels j’ai un peu plus de mal à me dévoiler. En fait, je pense qu’il s’agit des sujets pour lesquels je n’ai pas encore une véritable maîtrise. J’ai toujours parlé d’amour, pourtant s’il y’a bien une chose qu’on ne maîtrise pas, c’est celle-ci. Mais c’est sûrement plus facile de vous en parler car j’ai appris à accepter ses variations : la peine, la solitude, le célibat, les déconvenues, l’excitation des rencontres éphémères, la frustration des histoires qui tournent la tête mais ne mènent à rien. Puis la surprenante redécouverte de son coeur qui bat, de son corps qui vibre à l’unisson des papillons amoureux, l’amour que l’on sent poindre et qui effraie, la passion et le désir, l’amour le vrai. Les doutes qu’il créé aussi, la peur de l’abandon, l’épanouissement et ce bonheur que l’on vit, que l’on construit. L’amour, c’est quelque chose d’instable, mais j’ai bizarrement le sentiment de bien le maîtriser. Car je l’accepte dans sa globalité. Ses coins sombres comme ses coins lumineux.

Dans mon assiette 1 - et si on bavardait

Aujourd’hui, ce n’est pas d’amour dont je vais parler. Mais de nourriture. Plus précisément de mon rapport à la nourriture, qui si je suis honnête est une certaine forme d’amour très passionnelle et complexe. Ce sujet est sensible, sûrement parce que j’ai une relation conflictuelle avec elle. Une relation tumultueuse, pleine de contradictions. Et comme on mange pour vivre avant tout, j’ai beaucoup de mal à y voir plus clair entre elle et moi.

Le sport, c’était un 1er pas vers le mieux être. J’ai encore du mal à trouver mon rythme de croisière, la faute à mon rythme de vie plutôt nomade…la motivation est parfois dure à maintenir (mais bientôt, tout ceci sera plus calme !).

Il était temps que je m’occupe de mon petit corps, sur le point de vue alimentaire. Petite, j’étais normale. Gourmande, j’adorais déjà le chocolat. Ce n’est que vers l’âge de 8 ans que j’ai commencé à devenir rondelette. Je me rappelle de façon très floue avoir vu un nutritionniste vers mes 10 ans. Je ne me souvient pas du résultat, juste que je me suis sentie frustrée. Adolescente, mon corps s’est rapidement transformé en celui  d’une petite femme. J’avais des formes, je n’étais pas mince, je ne me sentais pas très bien dans ma peau. J’ai donc vu une diététicienne qui ne m’a pas vraiment aidée. Mes efforts n’étaient jamais suffisant à ses yeux, elle se prenait pour exemple, ancienne obèse devenue mince (et jolie de surcroît). J’ai perdu une dizaine de kilos en 8 mois, pour les reprendre quelques mois après, bonus en prime ! Je crois que cela a fini de me convaincre que je détestait les régimes et les gens qui les prescrivaient. Que je détestais cette relation contrôlée. Peser, lire les étiquettes, chasser les calories. Craquer, culpabiliser, reprendre 100g et pleurer. Des régimes prescrits à tire-larigot à des personnes différentes d’un point de vue métabolique, mais aussi psychologique. Des médecins, praticiens qui nient totalement le fait que l’on puisse manger pour des raisons autres que la faim, la gourmandise. Bref, vous l’aurez compris, je les déteste. Enfin pas tous. Mais je déteste ces prescripteurs qui ne voient que l’aspect mécanique de l’alimentation.

 Un jour, je suis tombée sur « Peut-on maigrir sans régime? » du Docteur Zermati. Je suis assez mauvaise pour retranscrire de façon stricte le contenu des ouvrages que je lis (surtout quand ça fait quelques temps que je n’ai pas mis mon nez dedans), mais je me rappelle que ce livre m’a beaucoup aidé. En effet, j’ai compris que :

  • Observer et écouter ses sensations était primordial : faim, satiété, plaisir de manger ;
  • Que le poids n’est pas uniquement le fruit de mauvaise habitudes, mais plutôt celui de nos gènes, de notre mode de vie et de notre métabolisme. En bref, nous avons tous un poids d’équilibre susceptible d’évoluer au fil de la vie, sans qu’il soit nécessaire de faire quelque chose.  Il ne nous conviendra peut être pas tout le temps, mais il correspond à ce que nous sommes, et non pas à ce que l’on doit être (selon le médecin, tata Janine ou le magazine de mode xxx).  à notre forme du moment.
  • Ne plus écouter ses émotions, ou plutôt mieux les gérer pour ne pas substituer la nourriture à son doudou est l’une des clés « du succès ».

Je me suis tout à fait retrouvée dans cette vision, puisque m’alimenter était plus devenu un calvaire qu’un plaisir :

  • Je n’avais jamais faim à la même heure ;
  • Ma pause déjeuner n’en est jamais vraiment une puisque je mange devant mon écran souvent en travaillant ;
  • Je me restreins au niveau de certains aliments en raison de mon allergie à la caséine (protéine du lait de vache) ;
  • J’ai du mal à gérer mes émotions et l’alimentation est souvent un moyen de gérer mes crises d’angoisse.

Dans mon assiette 2 - et si on bavardait

Depuis quelques temps, je vois une diététicienne. Je souhaitais avoir quelqu’un qui soit à l’écoute et qui prenne en considération tous ces paramètres tout en m’aidant à reprendre la main sur mes sensations, mes émotions et mon petit corps rebelle. C’est le cas avec cette personne, puisqu’elle fait partie du  Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids (GROS). Cela fera bientôt 2 mois, je n’ai perdu qu’1 petit kilos. Mais je suis assez contente car j’arrive maintenant à bien sentir les signaux envoyés par mon corps tels que la satiété, la vraie faim…J’ai même géré avec succès la crise prémenstruelle, synonyme de grignotages sucrés puissance 1000 me concernant.

J’ai d’ores et déjà prévu deux autres articles puisque j’ai déjà bien bavarde ici. L’un évoquera ma façon de gérer mes sensations et émotions. Cela peut paraître simple comme cela, mais lorsque cela fait des années qu’on est embrouillé par 1000 conseils et consignes lues à droite, à gauche, ou encore en consultation…

L’autre évoquera plus largement la confiance et l’image que l’on a de soi. Je ne peux le nier, ma démarche est aussi liée à ma volonté de modeler ce corps, qui je pense, peut être délesté de ces kilos émotionnels.

Et vous ? Plutôt régime ? Plutôt pas ? Pourquoi ? 

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EDIT 03/04/2015 : J’ai vu ma diététicienne hier…et même si je suis plutôt contente de moi, j’ai le sentiment que je n’assume pas totalement ma démarche, notamment auprès de certains proches. J’ai aussi encore du mal à accepter le fait que oui, je veux maigrir. C’est idiot, mais je me suis convaincue depuis des années que ce corps était le mien, pas parfait, mais que ces kilos, je pouvais les accepter. Au final, je me retrouve dans une contradiction : je veux me délester des kilos « émotions », des kilos « trop de quantité »…sans pour autant tomber dans le piège restriction-frustration.

Hier, ma diététicienne m’a demandé quel était l’objectif final de nos consultations, qu’est ce qui est déterminant dans mon choix « je n’ai plus faim, mais j’ai encore envie de manger. Pourquoi je mange ? Si je ne mange pas quel en sera le bénéfice ? »

Et bien, j’ai été impossible d’avoir une réponse claire. Je vais au sport, car j’ai envie que ma silhouette change. D’être plus ferme, moins grasse. Par contre, dire pourquoi je vais la voir elle, j’en suis incapable. Sûrement parce qu’avouer que OUI, je veux perdre des kilos est difficile. J’ai l’impression de renier mes opinions, mon choix d’acceptation. Comme si perdre du poids était mal…alors que non. Pas vraiment. Bref, vous voyez, je suis confuse ! Affaire à suivre !

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